LE POINT DE VUE SLAMMÉ DE TOLTEN

Clôture de la journée

Dans le cadre des Rencontres nationales de la création musicale pour l’enfance et la jeunesse – Jeudi 29 juin 2023

« Finalement je me suis mis sur scène parce que comme l’a dit Stéphane Werchowski, la vue est assez exceptionnelle d’ici. Stéphane, tu veux dire que le public est beau ? Hé oui, de vous à moi je vous avoue : vous êtes beaux. Ha non, Stéphane, ce n’est pas de cela dont tu parlais : tu parlais des arbres ? Bah oui maintenant que tu le dis : vous avez une sale gueule dans le public !

Emilie Houdebine est la présidente du réseau RamDam. RamDam ça vient du prénom des deux créateurs Rami et Damien.

Iman Fajri est cheffe de projet à la Sacem. Laure Vincenti est chargée de mission art enfance jeunesse.

Charlotte Nessi est directrice du théâtre de Vesoul. Rappelons tout de suite que Vesoul est une zone culturellement sinistrée. Depuis Brel personne n’a plus jamais chanté de chansons sur Vesoul. Frédéric Maurin est le directeur de l’orchestre national de jazz.

Charlotte nous parle d’un spectacle culinaire avec des recettes de cuisine pour cuisiner les enfants de pauvres. C’est vrai, je dois bien l’avouer, moi aussi j’adore les enfants : ce sont des être exquis, vraiment délicieux.

Laure navigue à contre-courant puisqu’elle est arrivée à l’enfance tard alors qu’en général on est enfant avant d’arriver à l’âge adulte. Elle a adoré le spectacle « Sous la neige ». Ça se passe dans l’arène (la reine des neiges). Non, en fait Laure aime être saoule… Sous la neige.

Iman est tombée amoureuse du jeune public car elle aime mettre des étoiles dans les yeux des enfants. Elle a adoré « Ma cuisine musicale » : un spectacle qui utilise des ustensiles de cuisine pour en faire des instruments de musique. Et à la fin il y a une dégustation d’enfants de pauvres.

Faut-il faire des spectacles avec les enfants ou pour les enfants ? Le dilemme est de taille : est-ce que les enfants sont des ingrédients comme les autres ? On cuisine avec du beurre, avec des œufs, avec du chocolat, et avec… des enfants. Mais peut-on faire un gâteau avec des enfants pour des enfants ? Non franchement, ça suffit, vous avez vraiment des idées bizarres ici.

Comme le rappelle Émilie il faut créer de toutes les manières et de toutes les formes…

Les enfants qui écoutent Aperghis trouvent que c’est normal alors que les adultes ne comprennent rien à ses récitations (d’Aperghis).

En fait le vrai problème c’est de trouver des spectacles adaptés aux adultes.

Frédéric a trouvé une solution pour écrire des spectacles pour enfants : il faut faire appel à des détenus.

Il a fait un spectacle sur la mort où Dracula est joué par une femme. Ce qui est drôle c’est que le public interprète cela comme un choix politique. Mais c’est normal il y a toujours des doubles sens : qu’entendez vous quand je dis : Dracula est MI AMOR. Les enfants n’ont aucune barrière esthétique.

Alors laisse tes tiques, tes habitudes quand tu t’adresses à eux.

Est ce que les enfants ont des attentes vis-à-vis des spectacles qu’ils vont voir ? J’avoue que j’ai pas compris la réponse. Si, peut-être, la première envie des enfants c’est de ne pas s’ennuyer car comme le rappelle Laure, c’est un public captif. (C’est vrai qu’en général moi je vais voir des trucs pour me faire chier).

Stéphane rappelle qu’en général il ne faut pas dépasser 1h15 de concert pour les enfants.

Faut-il être spécialisé pour s’adresser aux enfants ? Charlotte rappelle qu’il faut surtout être convaincu. Sans préciser s’il faut écrire con-vaincu en un ou en deux mots.

Pour Iman quand on fait des spectacle pour enfants il faut surtout les aimer… Bon je rappelle qu’on peut se permettre plein de choses dans les arts vivants mais que, quand même, le cannibalisme n’est peut-être pas la meilleure solution.

Laure évoque la spirale du petit dans les spectacles pour enfants : petit public, petite jauge, petite billetterie, petite considération des artistes. Emilie demande quelle est la solution de ce constat. Moi j’ai une idée : pour éviter le petit il faut que les artistes soient en priorité des gros… con.

D’ailleurs je suis très bien placé, je pourrais en faire des spectacles pour les gosses. J’adore les chiards. Ça m’émeut beaucoup les petites gouttes de morve sur le bord du nez, la douce odeur des couches : les grinche-gamins c’est mon truc. Et puis j’ai compris que pour faire des spectacles pour enfants il faut juste trouver des recettes pour les cuisiner. D’ailleurs je me propose d’ouvrir une formation pour le spectacle jeune public puisque cela n’existe pas.

Pour avoir des subventions il faut contacter Mark Peyo c’est pas celui qui dessine des petits bonhommes bleus, ceux qui n’ont pas une représentation très paritaire, puisqu’il n’y a qu’une seule meuf… Vous voyez de qui je veux parler ? Les Schtroumpfs. La question qui est brûlante c’est : est ce qu’il faut des spectacles spécifiques pour les enfants ?

Et les enfants sont-ils un spectacle ? Parfois des guêpes tournent autour de ma tête et des orages inondent mes yeux. Je me couds la bouche parce que dedans il y a un vent mauvais. Un vent qui me mange et qui pourrait devenir tempête et tornade et emporter le monde autour de moi. Parfois je me noie dans la boue opaque et puis je les vois… Mes petits bonhommes-miracle. Ils tiennent dans leurs doigts des morceaux de rien, des bouts de cailloux, des trucs qui roulent, des machins cassés, des choses qui bruissent et qu’ils enlacent comme autant de trésors puis qu’ils laissent au fil de leurs déplacements.

Puis leur bouche s’ouvre et des cascades de rire en sortent, et ils font des sons étranges comme dada, tada ou… papa ! Ce mot-là, dans leur bouche, me fait trembler le corps et le cœur. J’adore les regarder et les entendre. C’est pour moi le plus beau des spectacles. « 

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